Budget Securite sociale 2026 : ce qui change pour les assures
En bref : Le budget de la Sécurité sociale 2026, adopté fin 2025, prévoit un objectif de dépenses d'assurance maladie (ONDAM) en hausse maîtrisée autour de 2,8 %, contre 3,3 % en 2025. Franchises médicales relevées, réforme des indemnités journalières, nouveau calcul des arrêts maladie : les assurés subissent un reste à charge en augmentation, dans un contexte où le déficit de la Sécu dépasse encore 15 milliards d'euros.
L'essentiel- Franchises médicales et participations forfaitaires maintenues à leur niveau doublé depuis mars 2025 (1 € par boîte, 2 € par acte)
- Réforme des indemnités journalières : délai de carence allongé et taux de remplacement abaissé pour les hauts salaires
- Revalorisation des pensions de retraite limitée et décalée, dans la continuité de la réforme des retraites 2026
- Renforcement du contrôle des arrêts de travail et des prescriptions médicales
- ONDAM 2026 fixé à environ 2,8 %, soit près de 265 milliards d'euros de dépenses
- PLFSS 2026 : un budget sous forte contrainte
- Franchises médicales et reste à charge : ce qui s'applique en 2026
- Indemnités journalières et arrêts maladie : les nouvelles règles
- Retraites et pensions : une revalorisation sous contrôle
- Cotisations et exonérations patronales : ce qui évolue
- FAQ : vos questions sur le budget Sécu 2026
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026, voté dans un contexte de tensions budgétaires persistantes, traduit la volonté du gouvernement de ramener le déficit de la Sécu sous la barre des 10 milliards d'euros à l'horizon 2028. Pour les assurés, cela se traduit par un reste à charge en progression et des prestations encadrées plus strictement. Décryptage des mesures concrètes qui impactent votre pouvoir d'achat santé depuis le 1er janvier 2026.
PLFSS 2026 : un budget sous forte contrainte
Le déficit de la Sécurité sociale reste un sujet central des finances publiques françaises. Après un déficit estimé à 16 milliards d'euros en 2025 (toutes branches confondues), le gouvernement vise une réduction progressive grâce à un effort combiné sur les recettes et les dépenses.
L'ONDAM — l'objectif national de dépenses d'assurance maladie — a été fixé à environ 2,8 % de progression pour 2026. Concrètement, cela représente près de 265 milliards d'euros de dépenses autorisées. C'est un taux inférieur à l'évolution tendancielle des dépenses de santé, ce qui implique des économies structurelles.
- Branche maladie : principal poste de déficit, avec plus de 10 milliards d'euros de découvert
- Branche vieillesse : déficit aggravé par le vieillissement démographique, malgré le recul de l'âge légal
- Branche famille et AT-MP : excédentaires ou proches de l'équilibre
Ce contexte explique pourquoi les mesures du PLFSS 2026 ciblent en priorité les dépenses de soins et les prestations en espèces (arrêts maladie, pensions). L'équation budgétaire ne laisse que peu de marge de manœuvre.
Franchises médicales et reste à charge : ce qui s'applique en 2026
La franchise médicale est la somme qui reste à la charge de l'assuré sur chaque boîte de médicaments, acte paramédical ou transport sanitaire, et qui n'est remboursée ni par l'Assurance maladie ni par la mutuelle. Depuis mars 2025, elle a été doublée : 1 € par boîte de médicaments (contre 0,50 € auparavant) et 2 € par transport sanitaire.
La participation forfaitaire, appliquée sur les consultations et actes médicaux, est passée de 1 € à 2 €. Ces montants restent en vigueur en 2026, avec un plafond annuel relevé à 100 € par an et par assuré (franchise + participation cumulées).
Pour un assuré consultant régulièrement son médecin et prenant plusieurs traitements, le coût annuel supplémentaire peut atteindre 50 à 80 €. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) restent exonérés. Les personnes atteintes d'une affection de longue durée (ALD) ne sont pas exonérées des franchises, contrairement à une idée reçue fréquente.
Indemnités journalières et arrêts maladie : les nouvelles règles
C'est l'un des volets les plus significatifs du PLFSS 2026. Les indemnités journalières (IJ), versées par l'Assurance maladie en cas d'arrêt de travail, font l'objet d'un resserrement. L'objectif affiché : freiner la hausse continue des dépenses d'IJ, qui ont progressé de plus de 5 % par an en moyenne depuis 2019.
- Délai de carence : maintenu à 3 jours dans le privé, mais les modalités de prise en charge par l'employeur sont ajustées pour les salariés aux rémunérations les plus élevées
- Plafond de remplacement : le calcul des IJ intègre désormais un plafonnement renforcé pour les salaires supérieurs à 1,8 SMIC, réduisant le taux effectif de remplacement au-delà de ce seuil
- Contrôle renforcé : les caisses primaires disposent de moyens supplémentaires pour les contrôles médicaux, avec un objectif de 1,5 milliard d'euros d'économies sur les arrêts injustifiés
Pour un salarié percevant 3 000 € bruts mensuels, la baisse des IJ peut représenter plusieurs dizaines d'euros par mois en cas d'arrêt prolongé. Les conventions collectives et accords d'entreprise qui prévoient un maintien de salaire à 100 % compensent partiellement cet effet, mais le coût se reporte alors sur l'employeur — un sujet qui concerne aussi les créateurs de micro-entreprises confrontés à une protection sociale plus limitée.
Retraites et pensions : une revalorisation sous contrôle
La revalorisation des pensions de retraite pour 2026 a été fixée en deçà de l'inflation. Alors que l'indice des prix à la consommation a progressé d'environ 1,8 % sur l'année de référence, la revalorisation des pensions de base a été limitée à 0,8 % au 1er janvier 2026, avec un rattrapage partiel prévu en juillet.
Ce mécanisme de revalorisation en deux temps, déjà expérimenté en 2025, permet à l'État de lisser la charge budgétaire. Concrètement, pour une pension mensuelle de 1 400 €, la hausse de janvier ne représente que 11,20 € par mois, soit un gain annuel inférieur à 135 €.
Les pensions minimales (minimum contributif) bénéficient toutefois d'un traitement différencié, avec une revalorisation alignée sur l'inflation pour les retraités ayant cotisé une carrière complète au SMIC. Cette mesure, héritée de la réforme des retraites, garantit une pension minimale d'environ 1 200 € bruts pour une carrière complète.
Cotisations et exonérations patronales : ce qui évolue
Le PLFSS 2026 poursuit la refonte des allègements de charges patronales. Le « bandeau famille » et les exonérations sur les bas salaires sont progressivement recentrés. L'objectif est double : réduire le coût budgétaire des exonérations (estimé à plus de 75 milliards d'euros par an) et limiter les effets de seuil qui découragent les augmentations salariales autour du SMIC.
- Réduction progressive des exonérations au-delà de 2,5 SMIC
- Ajustement de la réduction Fillon pour les entreprises de plus de 50 salariés
- Maintien des dispositifs spécifiques pour les secteurs en tension (santé, aide à domicile)
Pour les employeurs, ces ajustements se traduisent par un renchérissement du coût du travail sur les rémunérations intermédiaires et hautes. Un paramètre à intégrer dans tout business plan en 2026, notamment pour les entreprises en phase de recrutement.
FAQ : vos questions sur le budget Sécu 2026
Les franchises médicales sont-elles remboursées par les mutuelles ?
Non. Les franchises médicales et participations forfaitaires ne sont remboursées ni par l'Assurance maladie ni par les complémentaires santé. Elles restent intégralement à la charge de l'assuré, dans la limite du plafond annuel de 100 € (franchises et participations cumulées). Seuls les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) en sont exonérés.
Comment sont calculées les indemnités journalières en 2026 ?
Les indemnités journalières maladie sont calculées sur la base de 50 % du salaire journalier de base, avec un plafonnement renforcé en 2026 pour les salaires supérieurs à 1,8 SMIC. Le salaire de référence est celui des 3 derniers mois précédant l'arrêt. Pour un arrêt de longue durée (plus de 6 mois), le calcul peut être revalorisé selon l'évolution du SMIC.
La revalorisation des retraites rattrapera-t-elle l'inflation en 2026 ?
Partiellement. La revalorisation de janvier 2026, fixée à 0,8 %, est inférieure à l'inflation constatée (environ 1,8 %). Un rattrapage partiel est prévu en cours d'année, mais le gain de pouvoir d'achat restera limité pour la majorité des retraités. Les petites pensions bénéficient d'un mécanisme de revalorisation plus favorable.
Le PLFSS 2026 modifie-t-il les droits à la complémentaire santé solidaire ?
Les plafonds de ressources pour accéder à la C2S sont revalorisés chaque année. En 2026, une personne seule peut en bénéficier si ses revenus mensuels ne dépassent pas environ 1 100 € (C2S gratuite) ou 1 500 € (C2S avec participation). Les bénéficiaires restent exonérés des franchises médicales et participations forfaitaires.