Flat Tax (PFU) 2026 : Fonctionnement et Quand Opter pour le Bareme
- La flat tax (PFU) s'applique par défaut au taux global de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) sur les revenus du capital.
- L'option pour le barème progressif peut être avantageuse si votre taux marginal d'imposition est inférieur ou égal à 11 %, soit un revenu fiscal de référence modeste.
- L'option est globale : elle s'applique à tous vos revenus du capital de l'année, sans possibilité de panacher.
- En 2026, la déclaration de revenus permet toujours de choisir rétroactivement le régime le plus favorable.
- Flat tax : définition et mécanisme
- Composition détaillée du PFU à 30 %
- Quels revenus sont concernés ?
- Option barème progressif : quand est-ce rentable ?
- Simulation chiffrée : PFU contre barème
- Comment exercer l'option en pratique
- FAQ — Flat tax / PFU 2026
Depuis son instauration en janvier 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé flat tax, taxe les revenus du capital à un taux fixe de 30 %. En 2026, alors que le prélèvement à la source poursuit ses ajustements et que les rendements de nombreux placements remontent, la question du choix entre PFU et barème progressif se pose avec une acuité renouvelée pour des millions de contribuables. Voici comment trancher en connaissance de cause.
Flat tax : définition et mécanisme
Le PFU est un prélèvement forfaitaire qui s'applique de plein droit — sans aucune démarche — à l'ensemble des revenus de l'épargne et du patrimoine financier. Son principe : un taux unique, quel que soit le montant perçu ou le niveau de vos autres revenus.
Concrètement, lorsque votre banque ou votre courtier vous verse des dividendes ou des intérêts, l'établissement retient directement 30 % à la source. Ce prélèvement est ensuite régularisé lors de votre déclaration de revenus : si vous conservez le PFU, le montant déjà prélevé vaut impôt définitif. Si vous optez pour le barème, il est recalculé.
Composition détaillée du PFU à 30 %
Le taux de 30 % se décompose en deux parts distinctes :
| Composante | Taux | Affectation |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | 12,8 % | Budget de l'État |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %), prélèvement de solidarité (7,5 %) |
| Total PFU | 30 % | — |
Point crucial : même en optant pour le barème progressif, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Seule la part impôt sur le revenu (12,8 %) est remplacée par le barème. C'est une erreur fréquente de croire que l'option barème supprime aussi les prélèvements sociaux.
Quels revenus sont concernés ?
Le PFU couvre un périmètre large de revenus du capital :
- Dividendes d'actions françaises et étrangères
- Intérêts de comptes à terme, obligations, comptes courants d'associés
- Plus-values de cession de valeurs mobilières (actions, OPCVM, ETF)
- Produits d'assurance-vie pour les versements postérieurs au 27 septembre 2017 (au-delà de 150 000 € d'encours)
- Gains sur les plans d'épargne en actions (PEA) en cas de retrait avant 5 ans
Sont exclus du PFU : les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) qui restent exonérés, ainsi que les revenus fonciers qui relèvent d'un régime propre.
Option barème progressif : quand est-ce rentable ?
L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu devient intéressante lorsque votre taux marginal d'imposition (TMI) est inférieur à 12,8 %. En pratique, cela concerne les contribuables situés dans la tranche à 0 % ou à 11 %.
Avec le barème, vous bénéficiez en outre d'avantages impossibles avec le PFU :
- Abattement de 40 % sur les dividendes (soit un impôt calculé sur seulement 60 % du montant perçu)
- Déductibilité partielle de la CSG à hauteur de 6,8 % du revenu brut (déduction effective l'année suivante)
- Abattements pour durée de détention sur certaines plus-values (titres acquis avant 2018)
Attention : l'option est globale et irrévocable pour l'année. Vous ne pouvez pas appliquer le PFU à vos intérêts et le barème à vos dividendes. Tout passe au barème, ou tout reste au PFU.
Simulation chiffrée : PFU contre barème
Prenons un cas concret. Vous êtes célibataire, votre revenu imposable (hors capital) est de 28 000 € — ce qui vous place dans la tranche à 11 %. Vous percevez 5 000 € de dividendes en 2026.
Scénario 1 — PFU (par défaut)
- Impôt : 5 000 € × 12,8 % = 640 €
- Prélèvements sociaux : 5 000 € × 17,2 % = 860 €
- Total : 1 500 € (soit 30 % des dividendes)
Scénario 2 — Barème progressif
- Base imposable après abattement de 40 % : 5 000 € × 60 % = 3 000 €
- Impôt au TMI de 11 % : 3 000 € × 11 % = 330 €
- Prélèvements sociaux (inchangés) : 5 000 € × 17,2 % = 860 €
- CSG déductible (6,8 % de 5 000 €) : 340 € — effet fiscal l'année suivante
- Total année N : 1 190 €
Économie immédiate : 310 € avec le barème, soit plus de 20 % de moins que le PFU. Sur un portefeuille distribuant régulièrement des dividendes, l'écart se cumule année après année. À l'inverse, pour un contribuable dans la tranche à 30 %, le PFU est nettement plus avantageux — même après abattement de 40 %, le barème aboutirait à une imposition supérieure.
Ce type de calcul est d'autant plus pertinent si vous détenez un portefeuille diversifié de placements générant des flux réguliers.
Comment exercer l'option en pratique
L'option s'exerce directement lors de la déclaration annuelle de revenus, en cochant la case 2OP du formulaire 2042. Aucune démarche préalable n'est nécessaire auprès de votre banque.
- Connectez-vous sur impots.gouv.fr pendant la campagne déclarative (avril-juin 2026).
- Dans la rubrique « Revenus des valeurs et capitaux mobiliers », cochez la case 2OP.
- Le simulateur fiscal intégré vous indique immédiatement l'impact sur votre impôt.
- Validez : l'administration recalcule et rembourse l'éventuel trop-perçu.
L'acompte de 12,8 % déjà prélevé à la source par votre établissement financier est alors imputé sur votre impôt final. Si le barème aboutit à un montant inférieur, la différence vous est restituée. Pour les contribuables dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple), il est possible de demander une dispense d'acompte afin d'éviter l'avance de trésorerie — la demande doit être adressée à l'établissement payeur avant le 30 novembre de l'année précédente.
Si vous percevez également des revenus d'épargne salariale, notez que l'intéressement et la participation placés sur un PEE bénéficient d'un régime fiscal distinct, indépendant du choix PFU/barème.
FAQ — Flat tax / PFU 2026
Peut-on choisir le PFU pour les intérêts et le barème pour les dividendes ?
Non. L'option pour le barème progressif est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus du capital de l'année (dividendes, intérêts, plus-values). Vous ne pouvez pas panacher les deux régimes.
Le PFU s'applique-t-il au Livret A et au PEL ?
Le Livret A, le LDDS et le LEP sont totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux. Le PEL, en revanche, est soumis au PFU de 30 % sur les intérêts générés pour les plans ouverts depuis le 1er janvier 2018.
À partir de quel TMI le PFU devient-il plus avantageux que le barème ?
En règle générale, le PFU est plus avantageux dès la tranche à 30 %. Pour la tranche à 11 %, le barème est presque toujours préférable grâce à l'abattement de 40 % sur les dividendes et à la CSG déductible. La zone grise se situe autour de la limite entre les tranches 11 % et 30 %.
Peut-on revenir sur son choix après la déclaration ?
Oui, vous pouvez modifier votre déclaration via le service de correction en ligne, généralement ouvert d'août à mi-décembre. La case 2OP peut être cochée ou décochée tant que la correction est possible.